mardi 12 mars 2019

Faire-part de naissance

Contraintes : des tableaux de Julie Dourlent (avec son aimable autorisation) exposés à la bibliothèque de Cours de Pile du 1 au 30 mars 2019, 2 groupes de 4 auteurs, une immersion en tant qu'acteurs de chaque groupe dans le tableau choisi, 2 textes en une 1/2 heure.
     

Cours de Pile : Il est un petit village lové au creux de la rocade. Un petit village généreux qui ouvre grandes les portes de sa médiathèque aux écrivants en goguette et aux peintres talentueux. En ce matin de printemps, huit coucous aguerris ont fait leur nid dans les tableaux de Julie pour donner vie à un récit. Après deux heures de couvaison, au sein du petit village généreux, les textes sont venus au monde juste avant le pot au feu. Oui, ce matin-là, sous la houlette d'un maître facétieux, à Cours-de-Pile, de belles naissances ont eu lieu. (Colette F.)

Premier texte :
Elle n’aurait jamais dû leur tourner le dos, Blanche. Les facéties s’enchaînent. On a bien essayé de les raisonner, que nenni. Le verre garni de potion magique laissé là, quelle imprudence ! c’était le jour de la grande récolte.
     
Pétillante, comme à son habitude proposa de goûter le contenu du verre. Procastine, n’était pas d’accord. On verra plus tard ! dit-elle. Artiste, un peu dans la lune contemplait l’harmonie des citrouilles disposées avec soin dans le champ. Ronchon, protesta également en disant : c’est n’importe quoi ! Timide, vit Simplette se saisir du verre. Mais il ne dit rien.
    
Simplette goûta :
– Mmmm… que c’est bon ! Venez les, amis, venez vous régaler !
    

samedi 2 mars 2019

Spleen

Contrainte : un texte, forme indifférente, sur une musique de : Melanie De Biasio - Your Freedom Is The End Of Me  (Avant de lire, cliquez sur le lien qui précède pour écouter Mélanie). 
                             
Commentaire : après « Mélanie » de Plume bernache, voici le deuxième des 3 textes que je vais vous faire découvrir au fil des jours. 
      

Elle marchait le long de la plage... Ses pieds nus écrasaient le sable qui crissait doucement, un pied après l’autre... un pied après l’autre... le flux et le reflux... À l’image de sa vie. Elle marchait le long de la plage...

L’aube avait mis du rose sur un fond violiné. Les vaguelettes brodaient sur son passage et laissaient un peu de dentelle blanche sur le bout de ses pieds... Cette fraîcheur... Cette dernière racine pour l’ancrer dans la vie, en cet instant, ce moment hors du temps...
Le reste de son corps était absent. Sa tête n’était que bulle, si légère, si fragile, transparente, avec juste un léger écho tenace de la musique de Mélanie De Biaso.

          Elle marchait le long de la plage...