lundi 28 janvier 2019

Les langues du monde – atouts et malentendus

Après nous avoir mis en garde contre les simplifications et simplismes, Marie-Hélène Désert nous a, à l’aide de cartes et de tableaux, exposé l’extrême complexité du sujet. 

Une langue peut être un dialecte devenu prépondérant et dominant (ex. le dialecte de Touraine est devenu la langue française). Un dialecte est un sous-groupe d’une langue.

Langues et dialectes peuvent avoir rapport ou pas à un territoire national. Ainsi le Japon n’a qu’une langue officielle mais la Nouvelle-Guinée, plus de 850 (et pas des dialectes !). La reconnaissance d’une langue dépend souvent d’une politique volontariste. Chaque langue s’inscrit dans un contexte culturel dont elle ne peut être dissociée. 



95 % des humains parlent 5 % des langues du monde mais 5 % d’entre eux parlent 95 % des langues !



Les langues sont en rapport de force : l’anglais est actuellement la langue dominante, utilisée dans tous les domaines : politiques, techniques et scientifiques. Comme Français, quand nous avons le choix, nous utilisons souvent un mot anglais plutôt qu’un mot français, par snobisme (souvent mal adapté et mal prononcé !).

Des projections ont été faites pour la fin du siècle : 90 % des langues pourraient avoir disparu (si on ne tient pas compte d’autres facteurs tels que le changement climatique…). Ainsi le mandarin qui possède actuellement le plus grand nombre de locuteurs pourrait supplanter l’anglais. Le français actuellement en 5e position devrait grâce à la démographie de l’Afrique noire arriver en 2e position...

L’apprentissage de plusieurs langues est essentiel. C’est un atout pour le développement cognitif de l’enfant qui acquiert ainsi des compétences supplémentaires dans tous les domaines. Tout petit il semblera aux adultes mélanger les langues, mais ne fera que choisir le mot le plus pratique (le plus court) pour exprimer ce qu’il veut dire.

L’occitan, langue cousine et contemporaine du français, utilise couramment le subjonctif avec concordance des temps. Lié à la ruralité comme la plupart des langues régionales, il a fait l’objet d’interdictions systématiques dans la 1re moitié du XXe siècle, et semble en danger de disparition (204 000 locuteurs).

L’espéranto, objet de bien des préjugés, compte entre 2 (le maîtrisant) et 10 millions de locuteurs dans le monde. Cette langue extrêmement plastique (16 règles de grammaire contre plus de 200 en français) se veut un moyen de communication précis entre les peuples mais ne prétend en aucun cas devenir langue universelle, outil d’asservissement.

La conférencière s’est montrée optimiste quant au devenir de notre langue française. Mais son avenir dépend de chacun de nous. J’ai personnellement été frappé par l’élégance de son français et la précision des termes utilisés (c’est une espérantiste !).

La conférence a été suivie d’un riche débat.

D. Dubois

1 commentaire:

  1. Merci pour ce fidèle compte-rendu d'une conférence fort intéressante.

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